La marqueterie traditionnelle

Il existe deux techniques majeures en marqueterie et couramment utilisées de nos jours, mais présente un point commun : le calque d’exécution.

Un calque est réalisé à mains levée et à l’aide d’outils de tracé précis. Un stylo à pointe tubulaire le plus fin possible (0.1mm, à encre de chine) suit et délimite chacun des éléments du motifs, les gravures. Le tracé doit être sans raccord, sans tremblement, le plus propre possible.

C’est une opération qui est souvent réaliser plusieurs fois car la première interprétation du motif est peu satisfaisante, cela peut représenter plusieurs heures ou plusieurs dizaines d’heures de travail.  Le calque est photocopié puis archivé.

Vient ensuite la découpe.

La première est la tarcia a incastro ou dite technique Boulle. Elle a été modernisée à la fin XVIIème siècle par André Charles Boulle, célèbre ébéniste et sculpteur de l’époque qui l’utilisa en y incorporant pour l’époque des matériaux jusqu’à lors peu courant et innovant : écaille de tortue, laiton, étain.

Le procédé est le suivant, entre deux contre-plaques des placages de bois et/ou autres matériaux sont superposés à même dimensions, puis le motif est découpé à la scie à chantourné.

Les pièces obtenues dans les différents plaquages sont assemblées sur cale tendue, s’imbriquant les unes dans les autres avec un joint sur le pourtour des pièces qui correspond au passage de la lame lors de la découpe, ensuite la marqueterie reçoit un mastique de colle chaude et de poussière de bois pour combler les joints et d’éventuelles gravures avant d’être plaquer sur son support définitif. Le résultat est que l’on obtient le même nombre de marqueteries que de plaquages dans le paquet initial, le motif est identique mais il y a une partie et des contre partie (un positif et des négatifs), la partie est le motif le plus lisible et le plus esthétique, souvent les négatifs ne sont assemblés ce qui représente donc un pourcentage de perte extrêmement important car pour un motif il faut utiliser la même surface totale par essence ou autre matériau.

La création en marqueterie boulle est donc souvent plus couteuse.

La seconde technique est la découpe élément par élément ou paquets séparés, cette dernière comprend plus d’opérations que la technique boulle mais présent de nombreux avantage.

Le marqueteur fait plusieurs photocopies du motif et découpe toutes les pièces qui compose le motif en laissant entre un et deux millimètres autour de la pièce, celles-ci on au préalable un tiré et un numéro, le tiré indique le sens de la veine du bois, le numéro est la référence de l’essence ou de la matière. Chaque élément de papier sont posés par références, dans le même sens de tiret sur une tablette, ainsi il est possible de mesurer la surface utile pour chaque essence.

Les plaquages sont donc mis séparément dans des paquets, en fonction des mesure précédemment relevées. Puis les éléments papiers sont collés sur leurs paquets de référence.

Le procédé de découpe est le suivant : chaque pièce est découpée une à une en retirant la moitié extérieure du trait de la photocopie, ce qui permet par la suite de ne pas avoir de joint lors de l’assemblage, la marge d’erreur doit donc être minime plus ou moins un dixième de millimètre est toléré.

Vient ensuite l’ombrage au sable (du sable fin est maintenue à environ 300°C sur une plaque chauffante ou réchaud a gaz), encore une fois les pièces sont traitées au cas par cas, si besoin elle est plongée dans le sable sur un champ précis pour obtenir un dégradé et donc de créer une « ombre », ce procédé va donner un effet de profondeur et de volume, un ombrage parfaitement exécuté vas avoi l’effet d’un trompe-l’œil sur le motif. Il est toutefois possible de faire un ombrage en fractionnant le plus possible un élément et de choisir des teintes de bois qui créeront le même effet de dégradé, mais l’exécution sera plus longue.

La marqueterie est montée sur cale tendue un masticage sera réaliser pour les gravures s’il y a de légers joints acceptables, puis elle sera plaquée sur son support.

Cette technique permet un travail plus fin et de donner plus de « mouvement » à un motif, elle est moins gourmande en matière première et présente un autre avantage qui se trouve être le plus important : si l’on veut réaliser huit fois la même marqueterie, chaque paquet contiendront huit placages identiques et pour une seule découpe huit pièces identiques seront chantournées. Il est donc plus rapide et moins couteux de réaliser de courte série d’un même motif.

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